vendredi 26 octobre 2012

L'ange qui dérange



J'ai sûrement canalisé un ange qui a envie de nous sortir de notre torpeur, qui va à contre courant des messages sirupeux que canalisent les canaux officiels de la spiritualité guimauve. Vous croyez que les anges carburent tous à l'eau de rose? He  bien non... Vous croyez que les bons anges sont ceux qui nous flattent dans le sens du poil? Pas toujours...  

L'ange qui dérange nous dit de nous réveiller. De sortir de la spiritualité guimauve qui, sous couvert de messages d'unité, d'amour ou de paix, nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Mais pour distinguer la vessie de la lanterne, encore faut-il faire preuve de jugement... Or, les chantres de la spiritualité guimauve nous murmurent qu'il faut sortir du jugement (du mental), faculté qui appartiendrait au monde 3D... Pourtant, le monde de la spiritualité aurait tout intérêt à garder un peu de jugement. Il en a encore besoin quand on voit tout ce qui circule... Mais nous fuyons le jugement, ce regard juge que nous ne pouvons pas supporter. 

Nous avons intérêt à apprivoiser le jugement, d'abord envers soi-même, car lorsqu'il est juste, il nous fait voir notre ombre, cette part de soi que nous n'osons pas nous avouer à soi-même. C'est vers ce qui nous dérange en soi que devrait nous mener notre cheminement spirituel. Pas seulement sur les nuages confortables de la spiritualité. C'est normal de vouloir le confort, mais quel confort pouvons-nous espérer si des ombres spectrales se profilent en toile de fond de notre conscience? 

C'est notre engagement sur le sentier de la guérison que questionne mon ange grincheux. Ce sentier semble mener les touristes spirituels vers un parc d'amusement. Le monde de la spiritualité est envahi de touristes qui viennent consommer des produits distrayants. La plupart des biens qu'on nous propose sur le marché spirituel visent à nous distraire. Et c'est ce que veulent les touristes : ils cherchent des sensations ou veulent obtenir sans effort: guérisons, miracles ou éveil. Sans parler de tous les faux-fuyants qui nous égarent, nous distraient sur le chemin qui mène vers soi: les dates appréhendant des changements, voire des catastrophes (21 décembre 2012), des théories fumeuses sur des complots, des êtres merveilleux, réalisés, qui nous servent les mêmes messages réchauffés, la technique du jour, le livre du jour, le gourou du jour... tout pour nous distraire et nous éloigner de soi. 

Heureusement, ce qu'on refuse de considérer avec sérieux nous revient d'une façon ou une autre.  L'engagement qu'on ne prend pas, la responsabilité qu'on ne veut pas prendre, notre vie se charge de les prendre. Les évènements de notre vie sont en bonne partie des parts de nous-mêmes qu'on ne reconnaît pas. Si on les reconnaissait un peu plus tôt, leur intégration dans notre être se ferait plus harmonieusement. 

Le mal qui semble parfois s'abattre sur nous est là pour nous ouvrir les yeux, pour nous sortir de notre torpeur, ou de notre entêtement à ne pas voir... Il y a des anges qui ont la mission ingrate de nous sortir de notre torpeur. 



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