samedi 5 janvier 2013

Lâcher prise, plonger dans l'être et vivre le moment présent



N. Maharaj à ses disciples: "Vous vous accrochez aux rivages, pendant que j'essaie de vous lancer au milieu de la rivière, où vous pouvez flotter et suivre le flot. Je vous dis de lâcher prise, mais vous ne le faites pas, ou vous me demandez une méthode pour le lâcher prise... Finalement, j'abandonne et je vous tape sur les doigts pour que vous lâchiez" (traduction libre)

Avant de lâcher prise, il faut prendre conscience que nous nous accrochons à quelque chose, que nous cherchons constamment à contrôler le déroulement de ce qui est. Nous sommes des contrôlants. Je ne parle pas de ceux pour qui c'est problématique, je parle de monsieur et madame tout le monde. Vous. Nous. Moi. Toi.
Comment en prendre conscience. Pour ma part, la méditation m'aide bien à voir ces mécanismes à l'œuvre car pour méditer justement, pour arriver à la méditation réelle, il faut justement lâcher prise.
Quand on dit qu'il faut arrêter de penser, en fait, il faut voir que la pensée est le mécanisme de contrôle par excellence. Quand nous pensons à ce qui s'est passé, on passe en revue le passé comme pour le réécrire. Ou pour le digérer. Car on se rend bien compte que le réel n'est pas entièrement contrôlable. Et parce qu'il échappe à notre contrôle, il laisse des traces dans notre mémoire et on tente de le contrôler après coup.
Quand on pense au futur, on tente de la planifier bien souvent.
Ou alors on rêve. On rêve d'une autre vie. D'un projet. Le rêve, le désir, est une autre façon de fuir le réel. Au lieu de plonger dans le moment présent, on se projette dans l'imaginaire. L'ego se passe un petit cinéma pour compenser le manque que nous ressentons. Le manque à être. Car à force de ne pas être, on ressent ce vide. Alors l'ego cherche dans sa panoplie de stratégies un moyen illusoire de divertir le manque. Tout sauf lâcher prise.
Il faut à tout le moins reconnaître l'ingéniosité de l'ego pour nous éviter le contact avec le réel.
Donc la méditation nous fait voir tous ces mécanismes, ces réflexes et rouages bien huilés que nous avons développés.
Le but c'est de les voir sans se laisser prendre par le jeu de l'ego. Car la grande force de l'ego c'est de nous faire croire à sa réalité. Il finit toujours par capter notre attention. Par nous séduire. C'est un diablotin à sa manière.
Alors, lorsqu'on voit un de ses mécanismes à l'œuvre, il faut trouver une façon de s'en détacher.
Manœuvre par manœuvre, il nous faut être aux aguets et nous désidentifier du monde projeté par l'ego. Afin d'éviter qu'il nous entraîne dans son monde. On peut sentir la force d'attraction de son monde dans notre esprit et même dans notre corps. Le corps peut devenir inconfortable. On se sent fatigué. Comme si la fin du monde de l'ego ne pouvait conduire qu'au sommeil.
Petit à petit, à mesure que nous détachons les amarres, nous allons sentir les vagues de l'être nous frôler l'âme. Ça peut se faire doucement comme ça peut se faire assez soudainement. Il y en a qui aime plongée dans l'eau d'un coup ou s'y avancer doucement.
Peu importe, nous commençons alors à vivre. À tel point que la première fois qu'on vit ce type de plongée dans l'être est souvent qualifiée comme une renaissance. Certaines traditions nous invitent alors à prendre un nouveau nom pour symboliser cette nouvelle naissance.
Alors, je nous souhaite de larguer les amarres et de renaître par la plongée dans l'être qui est pourtant tout autour de nous et en nous. Il n'y a que cet ego qui ne veut pas le reconnaître et qui s'obstine à créer un monde illusoire pour nous empêcher de le voir.
Et que devient l'ego après cette plongée dans l'être, plongée qui se fera de plus en plus fréquente?
Ce sera sans doute un choc pour lui. Il perd sa place sur le trône royal de la conscience. Mais il va gagner en sagesse et en humilité. Certains disent qu'il est alors appelé à disparaître. D'autres disent qu'il devient transparent. Enfin, certains disent qu'il prend tout simplement sa juste place dans notre conscience et que son pouvoir de séduction n'a plus d'emprise sur nous.
À chacun de le découvrir au fond...de l'être qui réside en lui.

mercredi 2 janvier 2013

Méditation sur l'ombre

Il y a des sujets de méditation qui sont plus sympathiques, comme l'amour, la lumière, la paix, l'harmonie, la vibration divine de l'intelligence cosmique de l'être que nous pouvons ressentir dans nos cellules. Mais d'autres sujets sont moins invitants. Pourtant, tôt ou tard, il faudra aussi s'y frotter. 

Je parle bien sûr de l'ombre: l'ombre extérieure et l'ombre intérieure. Or, l'ombre (et tout ce qui grouille en elle, tout cet inconnu qui stimule notre imagination) est souvent tabou. On ne veut pas la voir. Mais plus que nous nous détournons de notre ombre, plus celle-ci devient opaque. La voir c'est déjà mettre un peu de lumière en elle. 

Méditer sur l'ombre c'est d'abord prendre conscience de notre rapport à elle. Cette ombre que nous voyons à l'extérieur ou à l'intérieur de nous. Notre façon d'entrer en relation avec l'une ne va pas sans refléter notre rapport à l'autre. 

Nous la fuyons? Nous la jugeons? Nous la combattons violemment?  

Ça peut être intéressant de voir comment nous entrons en relation avec elle. 

Pouvons-nous aimer l'ombre? Qu'est-ce qu'aimer? N'est-ce pas connaître? Connaître quelque chose c'est l'aimer. C'est co-naître avec elle. Et si l'ombre détenait une clé pour se connaître. Si notre rencontre avec l'ombre était une voie de co-naissance... 

Je pense que plus nous fuyons l'ombre, que plus nous luttons contre elle, plus nous fuyons une part de soi que nous devons intégrer. Les psychologues ont bien montré l'importance d'entrer en soi avec les lumières de la raison, de l'analyse par exemple, si on pense à la psychanalyse. Ils indiquent une voie pour apprivoiser l'ombre. Des gens comme Sri Aurobindo vont nous conseiller d'amorcer le voyage dans notre ombre personnelle en gardant un lien fort avec la lumière. Pour les psychologues occidentaux, cette lumière c'est la raison. Mais pour des mystiques ou des guides spirituels, cette lumière c'est plus que la raison. La lumière spirituelle ne nie pas la raison, mais celle-ci se trouve englobée dans une instance supérieure, dans une intelligence et une force supérieure qui fait partie des possibles humains. C'est fort de cette lumière spirituelle que nous pouvons entreprendre le travail d'apprivoisement de l'ombre. Que nous pouvons entrer dans notre forêt intérieure et aller à la rencontre des êtres qui l'habitent. 

Et plus nous apprenons à connaître l'ombre, plus nous nous transformons sous l'effet du lien dynamique entre l'ombre et la lumière. Plus nous reconnaissons la portée évolutive de cette dialectique. Et moins les formes de l'ombre nous font peur. On peut même devenir ami avec elles, du moins établir une relation de respect. Nous réussissons alors à voir au-delà de notre peur. Notre rapport avec l'ombre se transforme. Nous avons commencé à l'apprivoiser. Ainsi, qu'elle prenne une forme intérieure ou extérieure, nous développons un rapport plus averti avec elle. Non pas que les forces de l'ombre règnent en nous. Elles sont plutôt reconnues pour ce qu'elle sont, elles ont une place dans l'être, sous l'autorité de la lumière spirituelle intérieure. 

mercredi 26 décembre 2012

Les soins de l'âme


En psychologie, la maison est souvent considérée comme le symbole de l'âme. Et comme dans toutes les maisons, il y a des pièces qu'on occupe plus que d'autres, certaines qu'on abandonne ou qu'on oublie. Pourtant, il peut y avoir des habitants dans ces pièces; des fragments de notre conscience issus de nos expériences passées et qui sont restés coincés dans une de ces pièces abandonnées. Parfois, on peut entendre les gémissements de ces fragments oubliés de soi. On peut sentir une émotion vaporeuse qui semblent appartenir à notre passé. Si on la suit, elle nous mènera sûrement vers ce fragment oublié de soi. Alors, on peut découvrir un recoin oublié de notre âme qui vivait dans une mémoire ensevelie. 

Il peut arriver aussi qu'on découvre des êtres (des entités) qui ne sont pas des fragments de notre conscience. 

Peu importe ce qu'on y trouve, il est important de faire régulièrement le ménage dans les pièces de notre âme. De rentrer dans chaque recoin de notre âme et d'ouvrir les fenêtres pour y faire rentrer la lumière du soleil. La lumière fera son oeuvre. Il est bien possible que notre demeure change d'aspect si on fait régulièrement nos soins de l'âme. 

Ouvrir les fenêtres pour y faire entrer le soleil est une image. On peut le faire de plusieurs façons. Il s'agit, en définitive, de s'accueillir en demandant l'aide de la lumière divine. De cet aspect lumineux de soi qui a l'art de redonner vie, de relancer la dynamique évolutive, de ce qui coince en nous. 

Alors soyons attentif à ce qui coince, à ces émotions qui planent sur nos âmes, et suivons-les jusqu'à l'aspect de soi qui demande notre attention, notre amour, notre énergie de vie et de guérison et accueillons-le. Faisons de notre âme une demeure aérée et éclairée qui vibre de lumière divine.  

lundi 10 décembre 2012

L'appel de la guérison, par Linda L. Smith (compte rendu par Eric Forgues)


Compte rendu de l'ouvrage Called into Healing de Linda L. Smith 
Par Éric Forgues (2004)

   Il existe une tradition de guérison dans le christianisme qui s’est perdue avec le temps. Linda Smith veut renouer avec cette tradition de guérison qui était au centre du ministère du Christ et de l’oeuvre de ceux qui s’engageaient à le servir.  Les apôtres avaient été initiés par le Christ et envoyés par lui pour guérir les personnes à l’aide de la prière, de l’imposition des mains et aussi des huiles (Luc 9 : 1-6; Matthieu 10 : 5-10; Marc 6 : 7-13). 

    Son ouvrage Called into healing montre qu’un trésor se cache dans la tradition chrétienne et que certaines églises chrétiennes ont commencé à renouer avec cet héritage. L’auteure démontre que le cinquième des textes des évangiles parlent de guérison. La guérison prend différentes formes, mais elles reposent toutes sur la foi dans le pouvoir de Dieu et la guérison concerne autant le corps que l’esprit. Que ce soit l’expulsion des démons, la guérison des aveugles ou de la surdité, dans les évangiles la guérison implique invariablement la foi et rétablit l’intégralité de la personne (Marc, 10 : 52).  Guérir c’est rendre la personne entière.  Le salut de l’âme et la guérison sont ainsi intimement liés, l’un passant par l’autre.

… le christianisme s’est peu à peu éloigné de la mission de guérison qui caractérisait l’œuvre des premiers chrétiens
     Son ouvrage Called into healing montre que le christianisme s’est peu à peu éloigné de la mission de guérison qui caractérisait l’œuvre des premiers chrétiens. Nous sommes témoins d’une évolution historique qui a éloigné l’Église de sa mission de guérison. Au Moyen-âge, la guérison disparaît de la liturgie et des rituels de l’Église. Par exemple, alors que l’onction était associée à la guérison chez les premiers chrétiens, l’Église catholique décide en 1551 (lors du Concile de Trente) de réserver l’onction uniquement aux mourants dans le but d’expier leurs péchés.
     Dans l’Église, les guérisons vont servir d’exemples pour renforcer la foi. Elles deviennent secondaires et l’Église affirme que le Christ s’en servait pour convertir en démontrant le pouvoir de Dieu. Ce qui préoccupe alors l’Église ce n’est plus la guérison entière de la personne, mais le salut de l’âme. Séparant le corps de l’esprit, l’Église se détourne du corps qu’elle finit même par dévaloriser.  Il y avait donc un espace vacant que sont venus occupée les premiers médecins qui pouvaient soigner le corps des malades. Mais ils ne pouvaient pas traiter l’âme des malades, au risque d’être condamné par l’Église. La médecine et les sciences de la santé se sont développées sur cette séparation entre le corps et l’esprit.
    Parallèlement à cet éloignement des rituels de guérison au sein de l’Église, les croyances aux miracles se répandent et nous assistons à une diffusion des pèlerinages associés à la guérison et au salut. La notion d’une guérison globale corps-esprit perdure donc malgré l’évolution que nous avons connue de la médecine et de la foi, mais, ni l’Église ni la science ne font une place à une guérison de l’être fondée sur la foi. Au XXè siècle, les mouvements pentecôtistes et charismatiques marquent un retour à des pratiques de guérison fondées sur la foi. Même l’Église catholique fait un retour timide dans les années 1960 à des pratiques de guérison. En effet, depuis le Concile de Vatican II, l’Église favorise l’usage de l’onction non seulement dans les cas de mort imminente, mais dans un esprit de guérison des malades.

La médecine et les sciences de la santé se sont développées
sur cette séparation entre le corps et l’esprit.


    Linda L. Smith  favorise un retour des rituels de guérison dans les Églises chrétiennes.  «Quel pouvoir sera libéré quand suffisamment d’entre nous se rappelleront le ministère de guérison de Jésus et le ramèneront dans nos églises» (p. 72, notre traduction). Elle a développé une approche religieuse du healing touch (Le Healing Touch Spiritual Ministry Program) qui est une technique de guérison qui utilise la prière, l’imposition des mains et les huiles. Il est important de souligner que Linda Smith a formé plusieurs membres du clergé à Rome et aux États-Unis. Son travail vise à nous montrer que la guérison a un rôle à jouer dans la démarche de foi des croyants non pas pour convertir, mais pour les rapprocher de Dieu, car l’union avec Dieu passe par une guérison qui permet de dépasser l’obstacle en nous qui nous sépare de Dieu. Nous nous rapprochons ainsi du sens premier de la guérison qui passe par le corps, par le cœur et par l’âme et grâce à laquelle nous redevenons entiers.  

Quel pouvoir sera relâché quand un nombre suffisant de nous se rappelleront le ministère de guérison de 
Jesus et le ramèneront dans nos églises 
Linda L. Smith

vendredi 26 octobre 2012

L'ange qui dérange



J'ai sûrement canalisé un ange qui a envie de nous sortir de notre torpeur, qui va à contre courant des messages sirupeux que canalisent les canaux officiels de la spiritualité guimauve. Vous croyez que les anges carburent tous à l'eau de rose? He  bien non... Vous croyez que les bons anges sont ceux qui nous flattent dans le sens du poil? Pas toujours...  

L'ange qui dérange nous dit de nous réveiller. De sortir de la spiritualité guimauve qui, sous couvert de messages d'unité, d'amour ou de paix, nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Mais pour distinguer la vessie de la lanterne, encore faut-il faire preuve de jugement... Or, les chantres de la spiritualité guimauve nous murmurent qu'il faut sortir du jugement (du mental), faculté qui appartiendrait au monde 3D... Pourtant, le monde de la spiritualité aurait tout intérêt à garder un peu de jugement. Il en a encore besoin quand on voit tout ce qui circule... Mais nous fuyons le jugement, ce regard juge que nous ne pouvons pas supporter. 

Nous avons intérêt à apprivoiser le jugement, d'abord envers soi-même, car lorsqu'il est juste, il nous fait voir notre ombre, cette part de soi que nous n'osons pas nous avouer à soi-même. C'est vers ce qui nous dérange en soi que devrait nous mener notre cheminement spirituel. Pas seulement sur les nuages confortables de la spiritualité. C'est normal de vouloir le confort, mais quel confort pouvons-nous espérer si des ombres spectrales se profilent en toile de fond de notre conscience? 

C'est notre engagement sur le sentier de la guérison que questionne mon ange grincheux. Ce sentier semble mener les touristes spirituels vers un parc d'amusement. Le monde de la spiritualité est envahi de touristes qui viennent consommer des produits distrayants. La plupart des biens qu'on nous propose sur le marché spirituel visent à nous distraire. Et c'est ce que veulent les touristes : ils cherchent des sensations ou veulent obtenir sans effort: guérisons, miracles ou éveil. Sans parler de tous les faux-fuyants qui nous égarent, nous distraient sur le chemin qui mène vers soi: les dates appréhendant des changements, voire des catastrophes (21 décembre 2012), des théories fumeuses sur des complots, des êtres merveilleux, réalisés, qui nous servent les mêmes messages réchauffés, la technique du jour, le livre du jour, le gourou du jour... tout pour nous distraire et nous éloigner de soi. 

Heureusement, ce qu'on refuse de considérer avec sérieux nous revient d'une façon ou une autre.  L'engagement qu'on ne prend pas, la responsabilité qu'on ne veut pas prendre, notre vie se charge de les prendre. Les évènements de notre vie sont en bonne partie des parts de nous-mêmes qu'on ne reconnaît pas. Si on les reconnaissait un peu plus tôt, leur intégration dans notre être se ferait plus harmonieusement. 

Le mal qui semble parfois s'abattre sur nous est là pour nous ouvrir les yeux, pour nous sortir de notre torpeur, ou de notre entêtement à ne pas voir... Il y a des anges qui ont la mission ingrate de nous sortir de notre torpeur. 



mercredi 24 octobre 2012

De la nature agglutinante de nos âmes


Une idée qui me trotte dans la tête sur la qualité agglutinante de nos âmes...
Quelque chose comme ça...

Les âmes se regroupent, nouent des liens, et finissent par former un magma d'âmes qui finissent par s'agglutiner les unes aux autres e
t s'empêcher de respirer, de vibrer, d'avancer.... Ce qui compte pour elles est de rester en groupe, interconnectées, et elles perdent de vue qu'elles s'enlisent. De par leur nature visqueuse, les âmes ont cette qualité de nouer des liens qu'elles qualifient d'amicaux, d'amoureux ou de familiaux, mais derrière ces mots se dissimulent des rapports agglutinants, visqueux et involutifs.

Offrons-nous plutôt l'espace et la liberté de vibrer notre divinité sans s'agglutiner les uns aux autres... Donnons-nous la liberté de vibrer divinement... Détachons-nous - par amour (véritable) - les uns des autres.

Ah que ce serait un beau cadeau ! Ah que nous ferions un bond évolutif.

Est-ce que je nous mets tout dans le même sac? Bien sûr que non. Il doit bien y avoir un petit pourcentage de nos liens qui échappent à la viscosité de nos âmes. 

Photo d'un blobfish (pas encore de photo d'âmes agglutinées)

mercredi 10 octobre 2012

Les pratiques de guérison spirituelle: entre la méfiance et la confiance


Je suis entré dans l'univers de Facebook pour faire des partages d'énergie (reiki et autres) en août 2010. J'avais alors une expérience "canadienne" et "américaine" de l'énergie. Sur Facebok, la plupart de mes contacts sont Français. J'ai découvert qu'un vieux fond de pratiques de sorcellerie côtoient les pratiques d'énergie en France. Je reçois des témoignages de personnes qui se disent victimes de sortilèges, d'envoûtements et de magie noire. Je réalise que ça finit par créer un climat de méfiance. On se méfie de nos contacts sur Facebook comme on se méfie de notre voisin dans les campagnes françaises qui a peut-être ensorcelé notre vache.

     Ça me rappelle une étude qui a été faite par une ethnologue française, Jeanne Favret-Saada, sur les pratiques de guérison, ce qui l'a amené à entrer dans l'univers de la sorcellerie dans les bocages. Normalement, le chercheur doit rester neutre par rapport à son objet d'étude. Il ne doit pas prendre partie. Or, pour étudier l'univers de la sorcellerie, elle finit par comprendre qu'elle ne pouvait pas rester neutre. Sinon, les personnes qui participent à cet univers ne vont pas se confier. Et vont lui dire que ce sont des superstitions. Il n'y a pas de place pour la neutralité en sorcellerie. C'est à partir du moment où elle est perçue comme désenvouteuse "alliée" qu'une personne victime d'ensorcellement se confie à elle. Dans cet univers, soit tu es perçue comme une alliée soit comme une adversaire. 

"C’est à ce point que l’enquête bascule : J. Favret-Saada comprend que la sorcellerie est une guerre, et que dans une guerre, il n’y a de place que pour des belligérants."

En France, cet univers de croyances et de pratiques existe encore et vient freiner l'extension des pratiques énergétiques, car ça crée un climat de méfiance. Ça devient difficile de faire confiance aux personnes contact sur Facebook. 

Un peu naïvement, j'organisais des soins collectifs où tout le monde pouvait envoyer et recevoir de l'énergie. Puis, je me suis dit qu'il valait mieux organiser des soins ou seuls moi et des personnes de confiance envoyions de l'énergie. Encore là, des énergies indésirables pouvaient se faufiler dans le groupe. La jalousie, l'envie, la rivalité, la concurrence, la compétition sont les moteurs de la sorcellerie. À la limite, il faudrait opérer dans la discrétion absolue. Une personne à une personne.  Mais ça freine drôlement la diffusion de l'énergie. 
Je pense qu'il faut essayer de libérer les pratiques d'énergie de l'univers de la magie et de la sorcellerie. Il s'agit d'un changement culturel, de mentalité et de perceptions. Ce n'est pas si facile, car quand on entre dans l'univers de la sorcellerie, on entre dans une dynamique qui nous emporte et qui nous impose une façon de percevoir le monde. Fortement alimenté par des émotions de peur, de méfiance, de rapports de force/pouvoir, cet univers peut très vite nous aspirer. Il devient alors difficile de rester dans la confiance, l'ouverture, la transparence et l'amour universel. On se met à retirer nos photos et nos informations personnelles sur Facebook par crainte qu'elles soient utilisées par des personnes mal intentionnées. On ferme nos volets. 

C'est une réaction logique et rationnelle dans le monde de la sorcellerie. Ce monde a ses propres règles. 

C'est difficile de rester totalement en dehors de cet univers. On y participe dès qu'on entre dans la méfiance et qu'on commence à prendre des mesures pour éviter les attaques psychiques/énergétiques. Dès qu'on croit que c'est possible d'être l'objet de ces attaques, nous avons déjà un orteil dans cet univers. 

Alors, que faire? 

1) Fermer les volets? Faire preuve de prudence? Ceux qui sont victimes de sorcellerie doivent sûrement vivre un retrait le temps de se libérer des attaques. On apprendre aussi à consolider notre lien avec l'énergie divine et on lui demande la force de passer à travers ces épreuves sans tomber dans les pièges de la sorcellerie. 

2) Changer les perceptions? C'est aussi une voie, mais ça prend beaucoup de travail pour nous libérer de la jalousie, de l'envie, etc. Sans penser que les changements culturels prennent du temps. Faut faire confiance qu'avec la diffusion du reiki par exemple (il y a d'autres exemples), qu'on finira par sortir de cet univers. 

3)  Continuer à travailler pour diffuser au plus grand nombre l'énergie divine sachant qu'il y a des risques? Et demander à l'énergie divine de nous protéger. Peut-être, mais alors, faut-il avertir les participants des risques que des personnes malintentionnées participent? Si oui, est-ce que le climat de méfiance que ça peut créer vient compromettre la qualité du partage? 

Une chose est sûre, pour mettre fin à cette guerre énergétique, à ce cycle de violence qui opère dans le monde subtil, il ne faut pas succomber à la tentation de renvoyer les coups reçus. Il faut se soustraire de ce cycle de sort/contresort.

Ma réflexion n'est pas terminée. Je vais revenir sans doute sur le sujet. Je laisse les questions ouvertes pour le moment... 


p.s. Je ne dis pas qu'au Canada, il n'y a aucune pratiques de sorcelleries, mais je pense que leur ampleur n'a aucune mesure avec ce que j'observe en Europe. D'autres pièges guettent le reiki au Canada.